Enquête sur la participation et les limitations d’activités de 2001 : Numéro 6 – Conditions de logement et profil des Canadiens âgés de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la parole ou la communication

Introduction

Le présent numéro du Point en recherche fait partie d’une série produite dans le cadre d’une recherche de la SCHL portant sur les conditions de logement et les caractéristiques des Canadiens ayant une incapacité. Il dresse le profil des personnes ayant déclaré avoir une incapacité liée à la parole ou la communication. Les données servant à la recherche sont tirées de l’Enquête sur la participation et les limitations d’activités (EPLA) de 2001. Cette enquête est la plus importante réalisée au Canada sur les personnes ayant une incapacité. Elle nous renseigne sur la prévalence et la gravité de certains types d’incapacité, sur l’utilisation d’aides et les besoins insatisfaits dans ce domaine, et sur la participation à différentes activités du quotidien.

Définitions

Population ayant une incapacité étudiée dans le présent numéro

Le présent numéro du Point en recherche porte uniquement sur la population âgée de 15 ans ou plus. Les données présentées ici et dans les numéros subséquents de cette série sont différentes de celles du premier numéro. En effet, ces dernières sont fondées sur le Recensement de 2001 et se distinguent nettement de celles de l’Enquête sur la participation et les limitations d’activités (EPLA) de 2001 sous l’angle de l’identification des personnes ayant une incapacité. Selon les estimations de l’EPLA de 2001, le nombre de personnes âgées de 15 ans ou plus ayant une incapacité serait inférieur de 945 000 à celui établi grâce au Recensement de 2001. Cet écart s’explique par les réponses données : certaines personnes ayant dit « oui » aux questions du recensement sur les incapacités ont répondu « non » aux questions plus détaillées portant sur des types précis d’incapacité intégrées au formulaire de l’EPLA de 2001. L’écart est également attribuable aux différences de couverture géographique : contrairement à l’EPLA de 2001, le Recensement de 2001 vise les habitants des territoires et les membres des communautés des Premières nations.

Incapacité et EPLA de 2001

L’EPLA de 2001 comporte des questions concernant des aspects précis de la vie quotidienne pour lesquels le répondant peut éprouver des difficultés permanentes. Dix types d’incapacité sont visés par l’Enquête, auxquels s’ajoute une catégorie « inconnue »; les voici 1 :

  • Mobilité
  • Agilité
  • Vision
  • Ouïe
  • Parole ou communication
  • Déficience intellectuelle
  • Apprentissage
  • Mémoire
  • Troubles émotifs ou psychologiques
  • Douleur

L’EPLA de 2001 envisage l’incapacité sous trois angles : le type ou les types d’incapacité déclarés; le nombre d’incapacités indiqué par le répondant; et la gravité (indice fondé sur la nature et l’intensité des incapacités déclarées).

Incapacité liée à la parole ou la communication

L’EPLA de 2001 définit une personne ayant des troubles de la parole ou de la communication comme une personne ayant de la difficulté à parler ou à se faire comprendre lorsqu’elle parle.

Besoins impérieux en matière de logement On dit d’un ménage2 qu’il éprouve des besoins impérieux en matière de logement s’il n’occupe pas un logement acceptable ou s’il ne dispose pas d’un revenu suffisant pour avoir accès à un tel logement. On considère qu’un logement est acceptable s’il est de qualité convenable, de taille convenable et de prix abordable.

  • Un logement est de qualité convenable si, de l’avis des occupants, il ne nécessite pas de réparations majeures.
  • Un logement est de taille convenable si le nombre de chambres est suffisant, compte tenu de la taille et de la composition du ménage, au sens des définitions figurant dans la Norme nationale d’occupation (NNO)3.
  • Un logement est abordable si le ménage y consacre moins de 30 % de son revenu avant impôt4.

On dit d’un ménage qu’il éprouve des besoins impérieux en matière de logement si son habitation n’est pas conforme à au moins une des normes d’acceptabilité (qualité, taille ou abordabilité) et si 30 % de son revenu total avant impôt serait insuffisant pour payer le loyer médian des logements acceptables (répondant aux trois normes) situés dans sa localité.

Lorsqu’il est question des besoins impérieux en matière de logement, les données sur les ménages ne tiennent pas compte des ménages agricoles, des ménages faisant partie d’une bande et des ménages vivant dans les réserves (le recensement ne recueillant pas de données sur les frais de logement de ces ménages), des ménages ayant un revenu inférieur ou égal à zéro, ni des ménages dont les frais de logement sont supérieurs ou égaux à leur revenu.

Résultats

Personnes âgées de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la parole ou la communication

On estime que 356 300 personnes ayant une incapacité (10,6 %) ont des troubles de la parole ou de la communication (voir le tableau 1).

Tableau 1 Nombre et pourcentage de personnes âgées de 15 ans ou plus vivant dans un ménage, selon le type d’incapacité, 2001
  Nombre (%)*
Incapacités, tous types confondus 3 352 300 100,0
Ouïe 1 013 700 30,2
Vision 586 800 17,5
Parole ou communication 356 300 10,6
Mobilité ou agilité 2 692 800 80,3
Douleur 2 332 300 69,6
Apprentissage 442 000 13,2
Mémoire 414 900 12,4
Déficience intellectuelle 117 000 3,5
Troubles émotifs ou psychologiques 517 700 15,4
Nature inconnue 94 400 2,8
*La somme des pourcentages dépasse 100 % puisque les personnes peuvent
déclarer plus d’une incapacité.
Source : EPLA de 2001

Le pourcentage des personnes ayant des troubles de la parole ou de la communication varie selon les provinces. Le plus élevé s’observe au Québec (environ 13 %) et le plus faible, en Alberta (9 %). (Voir le tableau 2).

Tableau 2 Nombre et pourcentage de personnes âgées de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la parole ou la communication, Canada et provinces, 2001
Région Personnes âgées de 15 ans ou plus % ayant des troubles de la parole ou de la communication
ayant une incapacité, quelle qu’elle soit ayant des troubles de la parole ou de la communication
CANADA 3 352 300 356 300 10,6
Terre-Neuve-et-Labrador 57 500 6 400 11,1
Île-du-Prince-Édouard 17 500 1 700 9,7
Nouvelle-Écosse 144 300 14 600 10,1
Nouveau-Brunswick 97 500 9 800 10,1
Québec 560 100 71 100 12,7
Ontario 1 413 900 149 900 10,6
Manitoba 133 400 14 700 11,0
Saskatchewan 110 100 11 800 10,7
Alberta 320 200 27 300 8,5
Colombie-Britannique 497 700 49 100 9,9
Source : EPLA de 2001

Âge et sexe

Les personnes ayant une incapacité liée à la parole ou la communication sont généralement plus jeunes que celles ayant une incapacité, quelle qu’elle soit; elles ont en moyenne 54 ans, comparativement à 59 ans dans l’ensemble de la population déclarant une incapacité. Les femmes ayant une incapacité liée à la parole ou la communication sont un peu plus âgées (60 ans en moyenne) que les hommes (58 ans).

Dans l’ensemble de la population ayant une incapacité, la proportion d’individus ayant des troubles de la parole ou de la communication est plus importante chez les hommes que chez les femmes (13 %, par rapport à 9 %), et ce, dans tous les groupes d’âge. L’écart le plus marqué s’observe chez les personnes de 15 à 24 ans (26 %, contre 19 %). (Voir le tableau 3.)

En général, le taux d’incapacité liée à la parole ou la communication diminue avec l’âge. Une seule exception : il est plus haut chez les hommes de 65 ans ou plus que chez ceux de 45 à 64 ans.

Tableau 3 Nombre et pourcentage de personnes âgées de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la parole ou la communication, selon le sexe et le groupe d’âge, 2001
Sexe Groupe d’âge Personnes âgées de 15 ans ou plus % ayant des troubles de la parole ou de la communication
ayant une incapacité, quelle qu’elle soit ayant des troubles de la parole ou de la communication
Les deux sexes 15 ans ou plus 3 352 300 356 300 10,6
  De 15 à 24 ans 148 000 33 200 22,4
  De 25 à 44 ans 618 300 91 300 14,8
  De 45 à 64 ans 1 162 700 110 700 9,5
  65 ans ou plus 1 423 200 121 200 8,5
Hommes 15 ans ou plus 1 487 800 187 000 12,6
  De 15 à 24 ans 73 000 19 300 26,4
  De 25 à 44 ans 283 900 47 700 16,8
  De 45 à 64 ans 541 400 52 300 9,7
  65 ans ou plus 589 500 67 700 11,5
Femmes 15 ans ou plus 1 864 500 169 300 9,1
  De 15 à 24 ans 75 000 13 900 18,5
  De 25 à 44 ans 334 400 43 500 13,0
  De 45 à 64 ans 621 300 58 300 9,4
  65 ans ou plus 833 700 53 500 6,4
Source : EPLA de 2001

Gravité de l’incapacité

Environ 83 % des personnes ayant déclaré une incapacité liée à la parole ou la communication ont une incapacité grave ou très grave, comparativement à 41 % de celles déclarant une incapacité, quelle qu’elle soit.

En examinant ces données en fonction de l’âge, c’est chez les personnes âgées de 15 à 24 ans que la différence est la plus marquée. Dans ce groupe, 69 % des personnes ayant une incapacité liée à la parole ou la communication ont une incapacité grave ou très grave, tandis que la proportion s’établit à 30 % chez celles ayant une incapacité, quelle qu’elle soit.

Tableau 4 Nombre et pourcentage de personnes âgées de 15 ans ou plus ayant une incapacité, quelle qu’elle soit, ou ayant des troubles de la parole ou de la communication, selon la gravité de l’incapacité, 2001
Gravité de l’incapacité Personnes âgées de 15 ans ou plus
ayant une incapacité, quelle qu’elle soit ayant des troubles de la parole ou de la communication
(Nombre) (%) (Nombre) (%)
Toutes incapacités confondues 3 352 300 100,0 356 300 100,0
Légère 1 134 800 33,9 15 600 4,4
Modérée 838 800 25,0 46 600 13,1
Grave 903 500 27,0 112 100 31,5
Très grave 475 100 14,2 182 000 51,1
Source : EPLA de 2001

Caractéristiques du logement des personnes ayant une incapacité liée à la parole ou la communication et vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement

Au pays, 18 % des personnes âgées de 15 ans ou plus ayant des troubles de la parole ou de la communication vivent dans un ménage aux prises avec des besoins impérieux en matière de logement; c’est environ le double de la proportion enregistrée dans la population sans incapacité, à savoir 9 % (voir le tableau 5). Le pourcentage varie d’une province à l’autre; le plus faible est observé au Nouveau-Brunswick (13 %) et le plus élevé, en Colombie-Britannique (25 %).

Tableau 5 Personnes âgées de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement, selon la situation vis-à-vis de l’incapacité, Canada et provinces, 2001
Région Personnes âgées de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux
ayant une incapacité, quelle qu’elle soit ayant des troubles de la parole ou de la communication sans incapacité
(Nombre) (%) (Nombre) (%) (Nombre) (%)
Canada 563 900 16,8 65 400 18,4 1 757 000 9,1
Terre-Neuve-et-Labrador 10 700 18,5 900 4,1 1 35 900 10,3
Île-du-Prince-Édouard 2 500 14,5 400 23,5 6 600 7,8
Nouvelle-Écosse 25 100 17,4 3 300 22,6 55 000 9,6
Nouveau-Brunswick 11 700 12,0 1 300 13,3 31 800 6,7
Québec 89 200 15,9 9 200 12,9 376 300 7,4
Ontario 247 800 17,5 29 200 19,5 772 900 10,5
Manitoba 17 300 13,0 2 700 18,4 40 600 6,6
Saskatchewan 12 400 11,3 2 100 17,8 31 100 6,4
Alberta 45 100 14,1 4 000 14,7 124 800 7,1
Colombie-Britannique 102 000 20,5 12 300 25,1 282 100 11,2
Source : EPLA de 2001

Milieux urbain et rural

Chez les personnes ayant des troubles de la parole ou de la communication, la probabilité de faire partie d’un ménage en situation de besoins impérieux atteint 20 % dans les agglomérations urbaines et 13 % en régions rurales.

Mode d’occupation du logement

Plus d’un tiers (34 %) des personnes ayant des troubles de la parole ou de la communication et vivant dans un logement locatif éprouvent des besoins impérieux, comparativement à 9 % des personnes ayant des troubles de la parole ou de la communication et résidant dans une propriété appartenant à un membre de la famille (voir le tableau 6). De plus, les personnes ayant des troubles de la parole ou de la communication risquent davantage d’éprouver des besoins impérieux que les personnes sans incapacité (34 % contre 21 % pour les locataires et 9 % contre 4,8 % pour les propriétaires).

Tableau 6 Nombre et pourcentage des personnes âgées de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement, selon la situation vis-à-vis de l’incapacité et le mode d’occupation du logement, 2001
Mode d’occupation du logement Personnes âgées de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux
ayant une incapacité, quelle qu’elle soit ayant des troubles de la parole ou de la communication sans incapacité
(Nombre) (%) (Nombre) (%) (Nombre) (%)
Canada – Ensemble des logements 563 900 16,8 65 400 18,4 1 757 000 9,1
Logement appartenant à un membre de la famille 202 300 8,9 20 300 9,0 673 500 4,8
Logement locatif 361 600 33,6 45 100 34,2 1 083 400 21,1
Source : EPLA de 2001

Caractéristiques démographiques et socioéconomiques des perso

Canada

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