Enquête sur la participation et les limitations d'activités de 2001 : Numéro 1 – Conditions de logement et profil des Canadiens âgés de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité

Introduction

Le présent numéro du Point en recherche est le second document produit dans le cadre d’une recherche de la SCHL portant sur les conditions de logement et les caractéristiques des Canadiens ayant une incapacité.

On présente d’abord les principales caractéristiques de la population âgée de 15 ans ou plus ayant une incapacité. Ensuite, on dresse un profil détaillé des personnes ayant déclaré avoir une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité. Les données servant à la recherche sont tirées de l’Enquête sur la participation et les limitations d’activités (EPLA) de 2001. Cette enquête est la plus importante réalisée au Canada sur les personnes ayant une incapacité. Elle nous renseigne sur la prévalence et la gravité de certains types d’incapacité, sur l’utilisation d’aides et les besoins insatisfaits dans ce domaine, et sur la participation à différentes activités.

Définitions

Population ayant une incapacité étudiée dans le présent numéro

Le présent numéro du Point en recherche porte uniquement sur la population âgée de 15 ans ou plus. Les données présentées ici et dans les numéros subséquents de cette série sont différentes de celles du premier numéro. En effet, ces dernières sont fondées sur le Recensement de 2001 et se distinguent nettement de celles de l’Enquête sur la participation et les limitations d’activités (EPLA) de 2001 sous l’angle de l’identification des personnes ayant une incapacité. Selon les estimations de l’EPLA de 2001, le nombre de personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité serait inférieur de 945 000 à celui établi grâce au Recensement de 2001. Cet écart s’explique par les réponses données : certaines personnes ayant dit « oui » aux questions du recensement sur les incapacités ont répondu « non » aux questions plus détaillées portant sur des types précis d’incapacité intégrées au formulaire de l’EPLA de 2001. L’écart est également attribuable aux différences de couverture géographique : contrairement à l’EPLA de 2001, le Recensement de 2001 vise les habitants des territoires et les membres des communautés des Premières Nations.

Incapacité et EPLA de 2001

L’EPLA de 2001 comporte des questions concernant des aspects précis de la vie quotidienne pour lesquels le répondant peut éprouver des difficultés permanentes. Dix types d’incapacité sont visés par l’Enquête, auxquels s’ajoute une catégorie « inconnue »1; les voici :

  • Mobilité
  • Agilité
  • Vision
  • Ouïe
  • Parole et communication
  • Développement
  • Apprentissage
  • Mémoire
  • Troubles émotifs ou psychologiques
  • Douleur

Incapacité liée à la mobilité ou l’agilité

Sur les 2 692 800 personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité, 1 952 000, ou 72 %, ont déclaré avoir les deux types d’incapacité. Aux fins de l’analyse, les catégories mobilité et agilité ont été regroupées en une seule nommée « incapacité liée à la mobilité ou l’agilité » pour la présente série des Points en recherche.

Dans l’EPLA de 2001, une personne ayant une incapacité liée à la mobilité est une personne ayant de la difficulté à réaliser au moins une des activités suivantes :

  • marcher sur une distance d’un demi-kilomètre;
  • monter et descendre un escalier (d’environ 12 marches) sans se reposer;
  • se déplacer d’une pièce à l’autre;
  • transporter un objet de cinq kilogrammes (dix livres) sur une distance de dix mètres (30 pieds);
  • rester debout durant de longues périodes.

Dans l’EPLA de 2001, une personne ayant une incapacité liée à l’agilité est une personne ayant de la difficulté à réaliser au moins une des activités suivantes :

  • se pencher;
  • s’habiller ou se déshabiller;
  • se mettre au lit ou en sortir;
  • se couper les ongles d’orteil;
  • se servir de ses doigts pour saisir ou manier un objet;
  • tendre les bras dans une direction quelconque (au-dessus de sa tête, par exemple);
  • couper sa nourriture.

Besoins impérieux en matière de logement

On dit d’un ménage2 qu’il éprouve des besoins impérieux en matière de logement s’il n’occupe pas un logement acceptable ou s’il ne dispose pas d’un revenu suffisant pour avoir accès à un tel logement. On considère qu’un logement est acceptable s’il est de qualité convenable, de taille convenable et de prix abordable.

  • Un logement est de qualité convenable si, de l’avis des occupants, il ne nécessite pas de réparations majeures.
  • Un logement est de taille convenable si le nombre de chambres est suffisant, compte tenu de la taille et de la composition du ménage, au sens des définitions figurant dans la Norme nationale d’occupation (NNO)3.
  • Un logement est abordable si le ménage y consacre moins de 30 % de son revenu avant impôt4.

On dit d’un ménage qu’il éprouve des besoins impérieux en matière de logement si son habitation n’est pas conforme à au moins une des normes d’acceptabilité (qualité, taille ou abordabilité) et si 30 % de son revenu total avant impôt serait insuffisant pour payer le loyer médian des logements acceptables (répondant aux trois normes) situés dans sa localité.

Lorsqu’il est question des besoins impérieux en matière de logement, les données sur les ménages ne tiennent pas compte des ménages agricoles, des ménages faisant partie d’une bande et des ménages vivant dans les réserves (le recensement ne recueillant pas de données sur les frais de logement de ces ménages), des ménages ayant un revenu inférieur ou égal à zéro, ni des ménages dont les frais de logement sont supérieurs ou égaux à leur revenu.

Résultats

Caractéristiques générales des personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité

Répartition géographique

Le total des personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité s’élève à 3 352 300, ce qui correspond à un taux d’incapacité national de 15 % (voir le tableau 1). Il existe d’importantes variations d’une province à l’autre. Le taux le plus faible est relevé au Québec (10 %5) et le plus haut, en Nouvelle-Écosse (20 %).

Tableau 1 – Nombre de personnes âgées de 15 ans ou plus vivant dans un ménage, selon la situation vis-à-vis de l’incapacité, Canada et provinces, 2001
  Personnes âgées de 15 ans ou plus
Ensemble de la population6 Personnes sans incapacité Personnes avec une incapacité Taux d’incapacité
NOTA : Comprend les ménages privés non agricoles et ceux ne vivant pas dans une réserve, dont le revenu est supérieur à zéro et le rapport des frais de logement au revenu (RFLR) est inférieur à 100 %.
Source : EPLA de 2001
CANADA 22 608 200 19 255 900 3 352 300 14,8 %
Terre-Neuve-et-Labrador 405 500 348 000 57 500 14,2 %
Île-du-Prince-Édouard 102 000 84 500 17 500 17,2 %
Nouvelle-Écosse 714 000 569 700 144 300 20,2 %
Nouveau-Brunswick 575 400 477 900 97 500 16,9 %
Québec 5 631 400 5 071 300 560 100 9,9 %
Ontario 8 748 000 7 334 100 1 413 900 16,2 %
Manitoba 748 300 614 900 133 400 17,8 %
Saskatchewan 595 100 485 000 110 100 18,5 %
Alberta 2 078 800 1 758 600 320 200 15,4 %
Colombie-Britannique 3 009 600 2 511 900 497 700 16,5 %

Âge et sexe

Le taux d’incapacité augmente avec l’âge, et il existe une surreprésentation féminine dans toutes les tranches d’âge. Le taux d’incapacité varie considérablement selon le groupe, passant de 4 % chez les 15 à 24 ans à 41 % chez les 65 ans ou plus (voir le tableau 2).

La structure par âge des personnes ayant une incapacité est fort différente de celle du reste de la population. Chez les personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité, plus de trois sur quatre (77 %) ont plus de 44 ans; dans la population sans incapacité, la proportion équivalente est de 40 % (voir la figure 1). Il importe de se rappeler cet écart au moment de comparer les caractéristiques sociales et économiques de ces deux populations.

Tableau 2 – Nombre et pourcentage de personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage, selon la situation vis-à-vis de l’incapacité, le groupe d’âge et le sexe, 2001
  Personnes de 15 ans ou plus
sans incapacité avec une incapacité taux d’incapacité
Hommes Femmes Les deux sexes Hommes Femmes Les deux sexes Hommes Femmes Les deux sexes
Source : EPLA de 2001
15 ans ou plus 9 449 700 9 806 100 19 255 900 1 487 800 1 864 500 3 352 300 13,6 % 16,0 % 14,8 %
15  à 24 ans 1 815 000 1 750 800 3 565 800 73 000 75 000 148 000 3,9 % 4,1 % 4,0 %
25  à 44 ans 3 892 500 4 051 200 7 943 700 283 900 334 400 618 300 6,8 % 7,6 % 7,2 %
45  à 64 ans 2 819 800 2 885 700 5 705 500 541 400 621 300 1 162 700 16,1 % 17,7 % 16,9 %
65 ans ou plus 922 400 1 118 500 2 040 900 589 500 833 700 1 423 200 39,0 % 42,7 % 41,1 %

Figure 1 Répartition en pourcentage des personnes de 15 ans ou plus avec ou sans incapacité, selon le groupe d’age, 2001

Figure 1 – Répartition en pourcentage des personnes de 15 ans ou plus avec ou sans incapacité, selon le groupe d’âge, 2001

L’histogramme ci-dessus montre la r épartition en pourcentage des personnes de 15 ans ou plus avec ou sans incapacité, selon le groupe d’ âge, 2001

De 15 à 24 ans : 18,5 % des personnes  n’ont aucune incapacité et 4,4 % des personnes ont une incapacité.

De 25 à 44 ans : 41,3 % personnes  n’ont aucune incapacité et 18,4 % des personnes ont une incapacité.

De 45 à 64 ans : 29,6 % personnes  n’ont aucune incapacité et 34,7 % des personnes ont une incapacité.

65 ans et plus :  10,6 % personnes  n’ont aucune incapacité et 42,5 % des personnes ont une incapacité.

Source : EPLA de 2001

Situation des particuliers dans le ménage

Par rapport au reste de la population, les personnes ayant une incapacité ont une faible probabilité de vivre dans une famille avec enfants et de plus fortes chances d’habiter seules. Au total, 23 % des personnes ayant une incapacité vivent dans un ménage familial formé d’un couple (couple marié ou deux personnes vivant en union libre) avec enfants, comparativement à 50 % des personnes sans incapacité (voir le tableau 3). Dans la catégorie des personnes seules, on observe l’inverse : 23 % des personnes ayant une incapacité habitent seules, contre 10 % dans le reste de la population.

Tableau 3 – Nombre de personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage, selon la situation des particuliers dans le ménage et la situation vis-à-vis de l’incapacité, 2001
  Personnes de 15 ans ou plus
sans incapacité avec une incapacité
Nombre % Nombre %
Source : EPLA de 2001
Situation des particuliers dans le ménage, toutes situations confondues 19 255 900 100,0 3 352 300 100,0
Personnes seules 2 012 500 10,5 779 400 23,3
Personnes hors famille vivant avec d’autres personnes 1 146 500 6,0 266 400 7,9
Familles monoparentales 1 808 300 9,4 349 500 10,4
Couples sans enfants 4 748 700 24,7 1 181 200 35,2
Couples avec enfants 9 539 900 49,5 775 800 23,1

Nature de l’incapacité

L’EPLA de 2001 envisage l’incapacité sous trois angles : le type ou les types d’incapacité déclarés; le nombre d’incapacités indiqué par le répondant; et la gravité (indice fondé sur la nature et l’intensité des incapacités déclarées).

Les trois incapacités les plus souvent nommées sont celles ayant trait à la mobilité ou l’agilité, à la douleur et à l’ouïe. Au total, 2 692 800 personnes, ou 80 % des répondants indiquant avoir une incapacité, font état de troubles de mobilité ou d’agilité (voir le tableau 4). Comme il existe un important chevauchement dans les réponses touchant à ces incapacités, celles-ci ont été fusionnées en un seul groupe aux fins de l’analyse. Près de sept personnes sur dix ayant une incapacité (2 332 300 personnes, ou 70 % de cette population) déclarent une limitation associée à de la douleur, et près du tiers (30 %), une incapacité liée à l’ouïe.

La plupart des répondants ayant une incapacité (81 %) déclarent en avoir plusieurs limitations. Toutefois, 636 400 personnes (19 %) font état d’un seul type d’incapacité et 1 226 500 déclarent deux types d’incapacité, ce qui correspond respectivement à 19 et 37 % des individus de cette population.

Dans l’EPLA de 2001, la gravité de l’incapacité est évaluée en fonction de la fréquence et de l’intensité des limitations. Par exemple, une personne qui n’a aucune difficulté à marcher et à monter un escalier, mais qui ne peut se tenir debout en file d’attente plus de vingt minutes, a une incapacité légère liée à la mobilité. Une personne qui ne peut se déplacer qu’en fauteuil roulant est considérée comme ayant une incapacité grave. Selon les résultats de l’EPLA de 2001, 1 378 700 des personnes ayant des limitations ont une incapacité grave ou très grave, soit 41 % de cette population. Dans 25 % des cas (838 800 individus), le degré de gravité est modéré; dans le tiers restant (34 %, ou 1 134 800 personnes), l’incapacité est légère.

Tableau 4 – Nombre et pourcentage de personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage, selon le type d’incapacité, 2001
  Nombre %
Source : EPLA de 2001
Incapacités, tous types confondus 3 352 300 100,0
Ouïe 1 013 700 30,2
Vision 586 800 17.5
Parole et communication 356 300 10,6
Mobilité ou agilité7 2 692 800 80,3
Douleur 2 332 300 69,6
Apprentissage 442 000 13,2
Mémoire 414 900 12,4
Déficience intellectuelle 117 000 3,5
Troubles psychologiques 517 700 15,4
Nature inconnue 94 400 2,8

Personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité

On estime que 2 692 800 personnes ayant une incapacité (80 %) ont des limitations de mobilité ou d’agilité. Ces limitations sont celles les plus souvent déclarées, mais leur proportion varie selon les provinces (voir le tableau 5). Le Québec a le taux le plus élevé (83 %), tandis que l’Alberta et la Colombie-Britannique affichent les plus bas, soit 76 et 75 % respectivement.

Tableau 5 – Nombre de personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité et vivant dans un ménage, selon le type d’incapacité, Canada et provinces, 2001
  Personnes de 15 ans ou plus % ayant une incapacité liée
à la mobilité ou l’agilité
avec une incapacité,
quelle qu’elle soit
avec une incapacité liée
à la mobilité ou l’agilité
Source : EPLA de 2001
CANADA 3 352 300 2 692 800 80,3
Terre-Neuve-et-Labrador 57 500 47 300 82,2
Île-du-Prince-Édouard 17 500 13 600 78,0
Nouvelle-Écosse 144 300 116 400 80,7
Nouveau-Brunswick 97 500 78 900 80,9
Québec 560 100 465 700 83,1
Ontario 1 413 900 1 161 500 82,1
Manitoba 133 400 105 800 79,3
Saskatchewan 110 100 85 900 78,0
Alberta 320 200 242 100 75,6
Colombie-Britannique 497 700 375 500 75,4

Âge et sexe

En moyenne, les personnes ayant des troubles de mobilité ou d’agilité sont légèrement plus vieilles (61 ans) que l’ensemble de celles ayant une incapacité (59 ans). Les âges correspondants chez les femmes (62 et 60 ans) sont légèrement supérieurs à ceux des hommes (60 et 58 ans).

Le pourcentage de personnes ayant une incapacité qui déclarent avoir une limitation de mobilité ou d’agilité est plus élevé chez les femmes (85 %) que chez les hommes (75 %); ce phénomène s’observe dans tous les groupes d’âge (voir le tableau 6). La proportion augmente avec l’âge, tant chez les femmes que chez les hommes.

Tableau 6 – Nombre de personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité et vivant dans un ménage, selon le type d’incapacité, le sexe et le groupe d’âge, 2001
  Personnes de 15 ans ou plus % ayant une incapacité liée
à la mobilité ou l’agilité
avec une incapacité,
quelle qu’elle soit
avec une incapacité liée
à la mobilité ou l’agilité
Source : EPLA de 2001
Les deux sexes 15 ans ou plus 3 352 300 2 692 800 80,3
15 à 24 ans 148 000 75 400 50,9
25 à 44 ans 618 300 431 000 69,7
45 à 64 ans 1 162 700 955 600 82,2
65 ans ou plus 1 423 200 1 230 900 86,5
Hommes 15 ans ou plus 1 487 800 1 111 200 74,7
15 à 24 ans 73 000 34 500 47,3
25 à 44 ans 283 900 180 700 63,6
45 à 64 ans 541 400 419 400 77,5
65 ans ou plus 589 500 476 600 80,8
Femmes 15 ans ou plus 1 864 500 1 581 500 84,8
15 à 24 ans 75 000 40 800 54,4
25 à 44 ans 334 400 250 300 74,9
45 à 64 ans 621 300 536 200 86,3
65 ans ou plus 833 700 754 300 90,5

Autres types d’incapacité déclarés

La probabilité que s’ajoute un autre type d’incapacité aux limitations de mobilité et d’agilité est très forte. Chez la majorité des répondants (77 %), l’autre type déclaré était la douleur. Les troubles de l’ouïe et de la vision sont également cités par 29 et 19 % des personnes ayant une incapacité associée à la mobilité ou l’agilité (voir le tableau 7).

Si l’on examine la nature des incapacités multiples, on constate d’importantes différences entre les groupes d’âge, en particulier pour ce qui est des troubles d’apprentissage et de la déficience intellectuelle. Globalement, 13 % des personnes ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité déclarent également avoir des troubles d’apprentissage. Cette proportion grimpe toutefois à 45 % chez les jeunes de 15 à 24 ans. Par ailleurs, une déficience intellectuelle est signalée pour 3 % de la population ayant des limitations associées à la mobilité ou l’agilité, mais la proportion monte à 23 % dans le groupe des 15 à 24 ans.

Tableau 7 – Répartition des personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité, selon l’autre type d’incapacité déclaré, 2001
Type d’incapacité Répartition des personnes de 15 ans ou plus ayant des troubles
de mobilité ou d’agilité, selon l’autre type d’incapacité déclaré
Nombre %
Source : EPLA de 2001
Mobilité ou agilité 2 692 800 100,0
Vision 520 800 19,3
Ouïe 774 100 28,7
Parole ou communication 295 700 11,0
Déficience intellectuelle 88 100 3,3
Apprentissage 342 500 12,7
Troubles psychologiques 423 000 15,7
Mémoire 374 900 13,9
Douleur 2 063 400 76,6

Gravité de l’incapacité

Les gens ayant des troubles de mobilité ou d’agilité courent plus de risques (49 %) d’avoir une grave ou très grave incapacité que l’ensemble de ceux déclarant une incapacité (41 %). (Voir le tableau 8.)

Des différences considérables existent à l’intérieur des groupes d’âge, la plus importante étant celle observée chez les 15 à 24 ans. Chez ces jeunes, 20 % des individus ayant des limitations de mobilité ou d’agilité (15 100 personnes) déclarent une incapacité très grave; pour l’ensemble de la population ayant une incapacité, quelle qu’elle soit, le pourcentage équivalent s’élève à 11 %.

Tableau 8 – Nombre de personnes de 15 ans et plus ayant une incapacité et vivant dans un ménage, selon le type d’incapacité et la gravité de l’incapacité, 2001
Gravité de l’incapacité Personnes de 15 ans ou plus
ayant une incapacité, quelle qu’elle soit ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité
Nombre % Nombre %
Source : EPLA de 2001
Toutes incapacités confondues 3 352 300 100,0 2 692 800 100,0
Légère 1 134 800 33,9 685 100 25,4
Modérée 838 800 25,0 699 100 26,0
Grave 903 500 27,0 844 100 31,3
Très grave 475 100 14,2 464 500 17,2

Caractéristiques du logement des personnes ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité et vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement

Au pays, 18 % des personnes âgées de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité vivent dans un ménage aux prises avec des besoins impérieux en matière de logement; c’est environ le double de la proportion enregistrée dans la population sans incapacité, à savoir 9 % (voir le tableau 9). Le pourcentage varie considérablement d’une province à l’autre; le plus faible est observé en Saskatchewan (11 %) et le plus haut, en Colombie-Britannique (22 %). Dans certaines provinces, la probabilité de se retrouver en situation de besoins impérieux est plus de deux fois supérieure chez les personnes ayant des troubles de mobilité ou d’agilité que chez celles sans incapacité. L’écart le plus grand entre les personnes ayant une incapacité et le reste de la population est observé au Québec (16 %, contre 7 %). (Voir le tableau 9.)

Tableau 9 – Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement, selon la situation vis-à-vis de l'incapacité, Canada et provinces, 2001
  Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux Ratio des personnes ayant une incapacité concernant la mobilité ou l’agilité aux personnes sans incapacité
ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité ayant une incapacité, quelle qu’elle soit sans incapacité
Nombre % Nombre % Nombre %
A B C D E F B/F
Source : EPLA de 2001
CANADA 474 700 17,6 563 900 16,8 1 757 000 9,1 1,9
Terre-Neuve-et-Labrador 9 500 20,0 10 700 18,5 35 900 10,3 1,9
Île-du-Prince-Édouard 2 000 14,6 2 500 14,5 6 600 7,8 1,9
Nouvelle-Écosse 21 700 18,7 25 100 17,4 55 000 9,6 1,9
Nouveau-Brunswick 9 800 12,4 11 700 12,0 31 800 6,7 1,9
Québec 74 500 16,0 89 200 15,9 376 300 7,4 2,2
Ontario 216 300 18,6 247 800 17,5 772 900 10,5 1,8
Manitoba 14 400 13,6 17 300 13,0 40 600 6,6 2,1
Saskatchewan 9 400 10,9 12 400 11,3 31 100 6,4 1,7
Alberta 35 100 14,5 45 100 14,1 124 800 7,1 2,0
Colombie-Britannique 82 100 21,8 102 000 20,5 282 100 11,2 1,9

Milieux urbain et rural

La probabilité d’éprouver des besoins impérieux en matière de logement est plus forte dans les centres urbains qu’en milieu rural, quelle que soit la situation vis-à-vis de l’incapacité. Chez les personnes ayant des limitations associées à la mobilité ou l’agilité, la probabilité de faire partie d’un ménage en situation de besoins impérieux atteint 19 % dans les agglomérations urbaines et 13 % en régions rurales; les pourcentages correspondants chez les personnes sans incapacité se situent respectivement à 10 et 6 %.

Mode d’occupation du logement

La proportion de ménages éprouvant des besoins impérieux en matière de logement varie de façon considérable selon que le ménage est propriétaire ou locataire de son logement. Dans la catégorie des personnes ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité, quelque 10 % des individus qui vivent dans un logement appartenant à l’un des membres de la famille sont aux prises avec des besoins impérieux, alors qu’environ un sur trois éprouve de tels besoins lorsqu’il vit dans un logement locatif. Un écart est observé quelque soit la situation vis-à-vis de l’incapacité, mais son ampleur varie quelque peu (voir le tableau 10).

Tableau 10 – Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement, selon la situation vis-à-vis de l’incapacité et le mode d’occupation du logement, 2001
  Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un
ménage en situation de besoins impérieux
ayant une incapacité liée
à la mobilité ou l’agilité
ayant une incapacité,
quelle qu’elle soit
sans incapacité
Nombre % Nombre % Nombre %
Source : EPLA de 2001
Canada – Ensemble des logements 474 700 17,6 563 900 16,8 1 757 000 9,1
Logement appartenant à un membre de la famille 171 100 9,5 202 300 8,9 673 500 4,8
Logement locatif 303 600 34,2 361 600 33,6 1 083 400 21,1

Modifications visant l’accès au logement et l’intérieur du logement

L’EPLA de 2001 a réuni des renseignements sur les différents types de modifications nécessaires ou utiles aux personnes ayant une incapacité, notamment les rampes et ascenseurs, qui permettent à ces personnes d’entrer plus aisément dans leur logement et d’en sortir, et les barres d’appui, les sièges élévateurs de baignoire et les corridors et embrasures de porte élargis, qui facilitent les déplacements à l’intérieur de la maison.

Chez les personnes ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité et vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement, la majorité (79 %) indique ne pas se servir ni avoir besoin de dispositifs spéciaux pour les aider dans la vie quotidienne. Sur les 21 % restants (97 700 individus), qui se servent ou ont besoin de ces dispositifs, 66 700 disent avoir toutes les installations dont ils ont besoin, 22 400 déclarent n’avoir aucun des dispositifs nécessaires, et 8 600 affirment ne pas avoir tous ceux requis (voir le tableau 11).

Tableau 11 – Modifications au logement utiles ou nécessaires aux personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité et vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement, 2001
  Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux et ayant déclaré une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité
Population En % des personnes ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité En % des personnes se servant ou ayant besoin de modifications au logement
Nombre % %
Personnes ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité 474 700 100,0 S.O.
Personnes ne se servant pas ou n’ayant pas besoin de modifications au logement 377 000  79,4 S.O.
Personnes se servant ou ayant besoin de modifications au logement 97 700 20,6 100,0
Utilisant certains dispositifs et n’ayant pas besoin d’autres modifications 66 700 14,1 68,2
Utilisant certains dispositifs et ayant besoin d’autres modifications  8 600 1,8 8,8
Ayant besoin de certains dispositifs, mais n’en ayant aucun 22 400 4,7 2 23,0

Parmi les 31 000 personnes ayant des limitations de mobilité ou d’agilité et éprouvant des besoins impérieux en matière de logement qui manifestent des besoins non satisfaits sous l’angle des modifications au logement, 59 % (ou 18 400 individus, chiffre estimatif) disent souhaiter avoir des barres d’appui ou un siège élévateur de baignoire dans la salle de bains, 9 600 (31 %), une rampe ou une entrée au niveau de la rue, et 6 800 (22 %), une porte automatique ou facile à ouvrir (voir le tableau 12). Certaines personnes ont plus d’un besoin insatisfait.

La proportion de besoins insatisfaits pour des modifications au logement est beaucoup plus élevée chez les jeunes ayant des limitations de mobilité ou d’agilité. Plus de deux tiers (69 %) des 15 à 24 ans et plus de la moitié (57 %) des 25 à 34 ans présentent des besoins insatisfaits pour ce qui est de ces modifications, comparativement à 38 % chez les 45 à 64 ans et à 21 % chez les aînés (65 ans ou plus).

Tableau 12 – Nombre et pourcentage de personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité et vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement qui déclarent avoir des besoins insatisfaits pour ce qui est de modifications au logement qui faciliteraient l’accès à leur logement ou les déplacements à l’intérieur de leur logement, selon le type de modification, 2001
  Personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée
à la mobilité ou l’agilité et vivant dans un ménage en
situation de besoins impérieux
Nombre % *
* La somme des composantes est supérieure à 100 %, certains individus ayant plus d’un besoin insatisfait.
Source : EPLA de 2001
Personnes ayant besoin de modifications supplémentaires 31 000 100,0
Rampe ou entrée au niveau de la rue 9 600 31,0
Porte automatique ou facile à ouvrir (y compris les leviers actionnant la poignée) 6 800 21,9
Corridor ou embrasure de porte élargi 3 300 10,6
Monte-escalier ou ascenseur 6 300 20,3
Dispositif d’alarme visuel ou sonore 1 300 4,2
Barre d’appui ou siège élévateur de baignoire (dans la salle de bains) 18 400 59,4
Comptoirs abaissés dans la cuisine 2 900 9,4

Caractéristiques démographiques et socio-économiques des personnes âgées de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité et vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement

Âge et sexe

Quelle que soit la situation vis-à-vis de l’incapacité, la probabilité d’appartenir à un ménage éprouvant des besoins impérieux en matière de logement est plus forte chez les femmes (12 %) que chez les hommes (9 %). Les femmes représentent 66 % des personnes ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité et vivant en situation de besoins impérieux et 58 % de la population sans incapacité aux prises avec de tels besoins.

Comme il a été dit précédemment, la population ayant des troubles de mobilité ou d’agilité est plus vieille que l’ensemble de la population ayant une incapacité et que la population sans incapacité. Ce phénomène s’observe également dans les ménages aux prises avec des besoins impérieux : 41 % des personnes ayant des limitations de mobilité ou d’agilité sont âgées 65 ans ou plus, comparativement à 12 % chez les personnes sans incapacité (voir le tableau 13).

Chez les personnes ayant des limitations liées à la mobilité ou l’agilité et vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux, les hommes sont en général plus jeunes que les femmes. Seulement 29 % des hommes présentant ces caractéristiques ont 65 ans ou plus, comparativement à 48 % des femmes.

Tableau 13 – Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement, selon la situation vis-à-vis de l’incapacité, le sexe et le groupe d’âge, 2001
Sexe Groupe d’âge Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux
ayant une incapacité liée
à la mobilité ou l’agilité
ayant une incapacité,
quelle qu’elle soit
sans incapacité
Nombre % Nombre % Nombre %
Source : EPLA de 2001
Les deux sexes 15 ans ou plus 474 700 100,0 563 900 100,0 1 757 000 100,0
15 à 24 ans 13 200 2,8 26 500 4,7 386 100 22,0
25 à 44 ans 89 800 18,9 120 700 21,4 755 200 43,0
45 à 64 ans 175 900 37,1 199 200 35,3 402 000 22,9
65 ans ou plus 195 900 41,3 217 500 38,6 213 700 12,2
Hommes 15 ans ou plus 168 300 100,0 211 800 100,0 745 100 100,0
15 à 24 ans 5 600 3,3 11 500 5,4 182 200 24,5
25 à 44 ans 37 800 22,5 51 900 24,5 317 200 42,6
45 à 64 ans 75 800 45,1 90 300 42,6 181 200 24,3
65 ans ou plus 49 000 29,1 58 100 27,4 64 600 8,7
Femmes 15 ans ou plus 306 500 100,0 352 000 100,0 1 011 800 100,0
15 à 24 ans 7 500 2,4 15 100 4,3 204 000 20,2
25 à 44 ans 51 900 16,9 68 700 19,5 438 000 43,3
45 à 64 ans 100 100 32,7 108 900 30,9 220 800 21,8
65 ans ou plus 146 900 47,9 159 400 45,3 149 100 14,7

Situation des particuliers dans le ménage

Dans les ménages en situation de besoins impérieux en matière de logement, les chances d’habiter seules sont plus de deux fois plus élevées chez les personnes ayant des limitations de mobilité ou d’agilité que chez les personnes sans incapacité. Sur les 474 700 individus ayant ces limitations et éprouvant des besoins impérieux, près de la moitié (47 %) vivent seuls; chez les personnes sans incapacité, 21 % sont dans une telle situation (voir le tableau 14).

Tableau 14 – Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux, selon la situation vis-à-vis de l’incapacité et selon leur situation dans le ménage, 2001
  Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux
ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité ayant une incapacité, quelle qu’elle soit sans incapacité
Nombre % Nombre % Nombre %
Source : EPLA de 2001
Situation des particuliers dans le ménage, toutes situations confondues 474 700 100,0 563 900 100,0 1 757 000 100,0
Personnes seules 223 000 47,0 261 900 46,4 370 300 21,1
Personnes hors famille vivant avec d’autres personnes 33 200 7,0 38 500 6,8 125 800 7,2
Familles monoparentales 70 600 14,9 89 300 15,8 407 400 23,2
Couples sans enfants 89 200 18,8 103 200 18,3 241 000 13,7
Couples avec enfants 58 800 12,4 70 900 12,6 612 300 34,8

Statut d’immigrant

Parmi les personnes ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité et éprouvant des besoins impérieux en matière de logement, le nombre d’immigrants est estimé à 123 400 (26 %), tandis qu’il s’élève à 650 100 (37 %) dans la population sans incapacité. Seule une faible proportion (3 %) de ces personnes ont immigré au Canada dans les dix années précédant le Recensement de 2001 (voir le tableau 15).

Tableau 15 – Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement, selon la situation vis-à-vis de l’incapacité et le statut d’immigrant, 2001
Statut d’immigrant Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux
ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité ayant une incapacité, quelle qu’elle soit sans incapacité
Nombre % Nombre % Nombre %
Source : EPLA de 2001
Canada – Tous statuts d’immigrant confondus 474 700 100,0 563 900 100,0 1 757 000 100,0
Non-immigrants 351 300 74,0 426 500 75,6 1 106 900 63,0
Immigrants (de 1992 à 2001) 13 200 2,8 15 700 2,8 304 700 17,3
Immigrants (d’avant 1992) 110 200 23,2 121 700 21,6 345 400 19,7

Revenu du ménage

Aux fins de la présente analyse, les ménages canadiens comptant au moins une personne de 15 ans ou plus ont été classés selon leur revenu avant impôt et répartis en cinq groupes égaux (quintiles), de la manière suivante :

Revenu très élevé : 96 936 $ ou plus
Revenu élevé : 67 812 à 96 935 $
Revenu intermédiaire : 46 896 à 67 811 $
Revenu modéré : 27 418 à 46 895 $
Revenu faible : Moins de 27 418 $

Quelle que soit la situation vis-à-vis de l’incapacité, la majorité des personnes éprouvant des besoins impérieux en matière de logement ont un faible revenu : la proportion faisant partie d’un ménage dans le quintile inférieur se situe à 89 % chez les personnes ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité, comparativement à 77 % chez les personnes sans incapacité. Les pourcentages correspondants pour le deuxième quintile (revenu modéré) s’élèvent respectivement à 10 et 22 % (voir l’encadré et le tableau 16).

Tableau 16 – Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement, selon la situation vis-à-vis de l’incapacité et le quintile de revenu du ménage, 2001
  Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux
ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité ayant une incapacité, quelle qu’elle soit sans incapacité
Nombre % Nombre % Nombre %
*Données supprimées en raison de la taille de l’échantillon
Source : EPLA de 2001
Tous revenus confondus 474 700 100,0 563 900 100,0 1 757 000 100,0
Revenus très élevé, élevé et intermédiaire (46 896 $ ou plus) * * * * 27 200 1,5
Revenu modéré (de 27 418 à 46 895 $) 48 500 10,2 59 000 10,5 383 100 21,8
Revenu faible (moins de 27 418 $) 422 900 89,1 501 500 88,9 1 346 600 76,6

Sources de revenu personnel

Parmi la population ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité et éprouvant des besoins impérieux en matière de logement, seulement 14 %, ou 64 900 individus, déclarent des traitements et salaires comme sources de revenu personnel, alors que dans la population sans incapacité, c’est près d’une personne sur deux (48 %). (Voir le tableau 17.) De plus, les personnes qui ont des limitations de mobilité ou d’agilité et font partie d’un ménage présentant des besoins impérieux sont moins susceptibles que les personnes sans incapacité de déclarer un emploi autonome comme source de revenu (3 %, comparativement à 7 %). Ces écarts sont en partie attribuables à des différences dans les structures par âge.

Il n’est pas étonnant de constater que le revenu de la plupart des ménages ayant des besoins impérieux en matière de logement compte au moins un revenu de source publique (Sécurité de la vieillesse, Supplément de revenu garanti, prestations du Régime de pensions du Canada ou du Régime de rentes du Québec, prestations d’assurance-emploi, prestations d’aide sociale et suppléments de revenu accordés par la province). La quasi-totalité (95 %) des personnes ayant des troubles de mobilité ou d’agilité et éprouvant des besoins impérieux ont des revenus de sources publiques, contre 82 % chez les personnes sans incapacité ayant de tels besoins.

Tableau 17 – Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement, selon la situation vis-à-vis de l’incapacité et les sources de revenu personnel, 2001
Sources de revenu personnel Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux
ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité ayant une incapacité, quelle qu’elle soit sans incapacité
Nombre % Nombre % Nombre %
Source : EPLA de 2001
Canada – Toutes sources de revenu confondues 474 700 100,0 563 900 100,0 1 757 700 100,0
Traitements et salaires 64 900 13,7 93 800 16,6 843 100 48,0
Revenu d’un travail autonome 15 200 3,2 20 500 3,6 128 400 7,3
Revenu provenant de sources publiques 451 400 95,1 532 300 94,4 1 434 500 81,6
Autre revenu (pension de retraite, dividendes et intérêts d’obligations, de dépôts et de certificats d’épargne, pension alimentaire pour enfants ou non, bourses d’études, etc.) 22 100 4,7 28 500 5,1 121 100 6,9

Niveau de scolarité

Les personnes ayant une incapacité et éprouvant des besoins impérieux en matière de logement ont moins de chances d’avoir terminé leurs études secondaires et d’avoir fréquenté une université. Dans le cas des individus ayant des troubles de mobilité ou d’agilité en situation de besoins impérieux, 56 % n’ont pas décroché leur diplôme d’études secondaires, comparativement à 40 % chez les personnes sans incapacité. Seulement 9 % de ces individus déclarent avoir réalisé des études universitaires, contre 21 % chez les personnes sans incapacité ayant des besoins impérieux (voir le tableau 18).

Le pourcentage de personnes aux prises avec des besoins impérieux est généralement plus faible lorsque le niveau de scolarité est élevé. Dans la population ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité, le pourcentage de personnes présentant des besoins impérieux en matière de logement atteint 18 % globalement, mais il est compris entre 20 %, chez celles n’ayant pas décroché de diplôme d’études secondaires, et 10 %, chez celles ayant un baccalauréat ou plus. Le fait d’être titulaire d’un certificat d’une école de métiers ou d’un autre diplôme de formation non universitaire diminue également le pourcentage de besoins impérieux.

Tableau 18 – Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement, selon la situation vis-à-vis de l’incapacité et le plus haut niveau de scolarité atteint, 2001
Plus haut niveau de scolarité atteint Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux
avec une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité pourcentage présentant des besoins impérieux en matière de logement sans incapacité pourcentage présentant des besoins impérieux en matière de logement
Nombre % % Nombre % %
Source : EPLA de 2001
Canada – Tous niveaux de scolarité confondus 474 700 100,0 17,6 1 757 000 100,0 9,1
Diplôme d’études secondaires non obtenu 263 300 55,5 19,9 708 000 40,3 13,2
Diplôme d'études secondaires 56 100 11,8 17,9 247 400 14,1 8,7
Diplôme ou certificat d'une école de métiers 17 700 3,7 16,2 53 300 3,0 8,0
Autre diplôme non universitaire 95 500 20,1 16,0 378 900 21,6 7,5
Études universitaires, sans obtention d’un diplôme 24 600 5,2 14,6 173 600 9,9 8,3
Baccalauréat et études supérieures 17 500 3,7 9,5 195 800 11,1 6,0

État de santé

Plus de la moitié (53 %) des personnes qui ont des troubles de mobilité ou d’agilité et vivent dans un ménage ayant des besoins impérieux en matière de logement considèrent que leur état de santé général est « moyen » ou « médiocre », comparativement à 48 % chez l’ensemble des individus ayant une incapacité (voir le tableau 19).

Parmi les personnes ayant déclaré que leur état de santé était « moyen », 45 % ont de 45 à 64 ans, et 86 % ont trois autres types d’incapacité en plus de troubles de mobilité et d’agilité. Dans la majorité (68 %) des cas, l’incapacité est modérée ou grave.

Parmi ceux ayant déclaré que leur état de santé était « mauvais », environ la moitié est âgée de 45 à 64 ans, 80 % ont trois autres types d’incapacité en plus de troubles de mobilité et d’agilité, et 83 % ont une incapacité grave ou très grave.

Tableau 19 – Personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité et vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement, selon le type d’incapacité et l’état de santé général, 2001
État de santé général Personnes de 15 ans ou plus vivant dans un ménage
en situation de besoins impérieux
avec une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité ayant une incapacité, quelle qu’elle soit
Nombre % Nombre %
Source : EPLA de 2001
Canada – Tous états de santé confondus 474 700 100,0 563 900 100,0
Excellent 12 500 2,6 21 300 3,8
Très bon 65 800 13,9 92 000 16,3
Bon 128 500 27,1 157 100 27,9
Moyen 160 600 33,8 174 300 30,9
Mauvais 89 100 18,8 95 400 16,9
Non déclaré, refus ou ne sait pas 18 300 3,9 23 900 4,2

Transport local

On estime à 201 000 le nombre de personnes ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité et vivant en situation de besoins impérieux en matière de logement qui se déplacent dans leur agglomération à l’aide de services d’autobus spéciaux ou de transport local (autobus, métro et taxi). De ce nombre, 46 100, ou 23 %, déclarent avoir une certaine difficulté à emprunter ces modes de transport. Pour près de la moitié (47 %), la principale difficulté réside dans le fait de monter dans le véhicule ou d’en descendre. Plus du quart (28 %) des individus qui utilisent des services de transport local indiquent qu’ils ont de la difficulté à se rendre à la station ou au point d’arrêt, ou encore à les repérer, et 22 % invoquent l’absence d’un service 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Parmi les 258 000 individus ayant des troubles de mobilité ou d’agilité et des besoins impérieux en matière de logement qui n’ont pas eu recours à des services d’autobus spéciaux ou de transport local, quelque 20 500 (8 %) font état d’obstacles à l’utilisation de ces services. Les deux principaux consistent à monter dans le véhicule ou à en descendre (53 %) et à se rendre à la station ou au point d’arrêt, ou encore à les repérer (48 %). Au total, 27 % citent l’absence d’un service 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Sommaire des résultats

Personnes ayant une incapacité

Caractéristiques générales

  • Quinze pour cent des Canadiens âgés de 15 ans ou plus déclarent avoir un certain degré d’incapacité. Le taux le plus bas (10 %) est observé au Québec et le plus élevé (20 %), en Nouvelle-Écosse.
  • Le taux d’incapacité s’accroît avec l’âge. En outre, il est plus élevé chez les femmes que chez les hommes dans tous les groupes d’âge.
  • Vingt-trois pour cent des personnes âgées de 15 ans ou plus ayant une incapacité habitent seules; c’est 779 400 individus.
  • Parmi les personnes de 15 ans ou plus déclarant une incapacité, 80 %, ou 2 692 800, font état de troubles de mobilité ou d’agilité.
  • Parmi les personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité, 41 %, ou 1 378 600, présentent un degré grave ou très grave d’incapacité.

Personnes âgées de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité

Caractéristiques générales

  • Dans l’ensemble, 80 % des Canadiens de 15 ans ou plus ayant une incapacité déclarent des troubles de mobilité ou d’agilité. La proportion varie toutefois selon les provinces : elle est comprise entre 83 % au Québec et 75 % en Colombie-Britannique.
  • Le pourcentage des personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité augmente avec l’âge, et ce, tant chez les femmes que chez les hommes.
  • Chez les personnes de 15 ans ou plus ayant des troubles de mobilité ou d’agilité, 77 % déclarent ressentir également une incapacité associée à de la douleur.

Personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité et vivant dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement

Caractéristiques du logement

  • Parmi les personnes de 15 ans ou plus ayant des limitations de mobilité ou d’agilité, 18 %, ou 474 700, vivent dans un ménage en situation de besoins impérieux en matière de logement. La proportion varie grandement d’une province à l’autre; la plus élevée (22 %) est enregistrée en Colombie-Britannique et la plus faible (11 %), en Saskatchewan.
  • Dans la population ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité, 34 % des locataires éprouvent des besoins impérieux en matière de logement, contre 10 % environ des ménages résidant dans une habitation appartenant à un membre de la famille.
  • Sur les 97 700 personnes âgées de 15 ans ou plus ayant des troubles de mobilité ou d’agilité, vivant en situation de besoins impérieux en matière de logement et ayant besoin de modifications au logement pour entrer dans leur logement ou en sortir ou pour s’y déplacer, 31 000 ne disposent pas des modifications nécessaires.

Caractéristiques démographiques et socio-économiques

  • La plus forte proportion d’individus ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité et faisant partie d’un ménage avec des besoins impérieux en matière de logement est observée dans le groupe des 45 à 64 ans chez les hommes (45 %) et dans celui des 65 ans et plus (48 %) chez les femmes.
  • Parmi les personnes de 15 ans ou plus ayant des troubles de mobilité ou d’agilité et éprouvant des besoins impérieux, 47 %, ou 223 000, habitent seules.
  • Parmi les personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité et présentant des besoins impérieux, 23 %, ou 110 200, sont des immigrants arrivés au Canada avant 1992.
  • En 2000, la majorité (89 %) des personnes de 15 ans ou plus ayant des troubles de mobilité ou d’agilité et vivant dans un ménage aux prises avec des besoins impérieux en matière de logement se situent dans le quintile de revenu du ménage le plus faible, c’est-à-dire le quintile regroupant les ménages dont le revenu avant impôt est inférieur à 27 418 $.
  • Parmi les personnes de 15 ans ou plus ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité et éprouvant des besoins impérieux, 64 900, ou 14 %, déclarent des traitements et salaires comme sources de revenu personnel.
  • Dans la population âgée de 15 ans ou plus ayant des limitations de mobilité ou d’agilité et vivant en situation de besoins impérieux, 319 400, ou 67 %, ont au plus un diplôme d’études secondaires.
  • Pour ce qui est de leur état de santé, 34 % (160 600) des personnes ayant une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité et présentant des besoins impérieux déclarent un état de santé « moyen » et 19 % (89 100), un état « médiocre ».

Remerciements

La SCHL contribue au financement de la collecte de données sur le logement pour le Recensement du Canada et les enquêtes de Statistique Canada. L’information de Statistique Canada est utilisée avec la permission de l’organisme. Il est interdit aux utilisateurs de reproduire les données et de les rediffuser, telles quelles ou modifiées, à des fins commerciales sans le consentement exprès de la Société canadienne d’hypothèques et de logement et, le cas échéant, de Statistique Canada. On peut se renseigner sur l’éventail des données de Statistique Canada auprès des bureaux régionaux de l’organisme ou encore par téléphone, en composant, sans frais, le 1-800-263-1136.

Directrice de projet à la SCHL : Janet Kreda

Recherche sur le logement à la SCHL

Aux termes de la partie IX de la Loi nationale sur l'habitation, le gouvernement du Canada verse des fonds à la SCHL afin de lui permettre de faire de la recherche sur les aspects socio-économiques et techniques du logement et des domaines connexes, et d'en publier et d’en diffuser les résultats.

Le présent feuillet documentaire fait partie d’une série visant à vous informer sur la nature et la portée du programme de recherche de la SCHL.

1 La nature de l’incapacité est inconnue lorsque la personne interviewée a dit « oui » aux questions générales sur les limitations d’activités, mais a répondu « non » aux questions sur la nature de l’incapacité qui ont suivi.

2 Par ménage, on entend un ménage privé. Les personnes résidant dans un logement collectif (voir le Dictionnaire du recensement de 2001, n92-378-XIF au catalogue, pages 213-217) sont, par définition, exclues.

3 Selon la NNO, « suffisamment de chambres » signifie une chambre pour chaque membre des catégories d'occupants suivantes : couple d’adultes; personne seule de 18 ans ou plus faisant partie du ménage; deux enfants de même sexe âgés de moins de 18 ans; fille ou garçon additionnel dans la famille, sauf s’il y a deux enfants de sexe opposé âgés de moins de cinq ans, qui peuvent alors partager la même chambre. Un ménage composé d’une personne seule peut occuper un studio (c’est-à-dire un logement sans chambre distincte).

4 Par frais de logement, on entend :

  • pour les locataires, le loyer ainsi que les paiements effectués pour l'électricité, le combustible, l'eau et les autres services municipaux;
  • pour les propriétaires, les versements hypothécaires (principal et intérêt), l'impôt foncier et les éventuelles charges de copropriété, ainsi que les paiements effectués pour l'électricité, le combustible, l'eau et les autres services municipaux. Les frais liés à l'entretien et aux réparations sont exclus.

Les données sur le revenu recueillies lors du Recensement de 2001 sont celles de l'année civile ayant précédé le Recensement (2000 dans le cas présent), tandis que les données sur les frais de logement sont celles de 2001.

5 Dans toutes les enquêtes sur l’incapacité réalisées par Statistique Canada, le plus faible taux a été relevé au Québec.

6 Les conditions de logement ne peuvent être évaluées dans le cas des ménages déclarant des frais de logement supérieurs ou égaux à leur revenu ou un revenu inférieur ou égal à zéro. On estime à 837 500 le nombre de personnes âgées de 15 ans ou plus qui sont ainsi exclues de l’évaluation.

7 Sur les 2 692 800 personnes ayant déclaré avoir une incapacité liée à la mobilité ou l’agilité, 1 952 000, ou 72 %, indiquent avoir ces deux types. Des représentants du secteur ont donc recommandé que ces limitations soient fusionnées aux fins d’analyse pour la présente série des Points en recherche.

Publié en mai 2009

Canada

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